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Présensation

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Reperches

Pensées par slogan...

Comment s'en sortir sans sortir?
sculpter l'air de l'ère délétère
en aucun cas la catastrophe n'épuise le sens du possible: cata-strophè...
le jeu est toujours un je avec le feu...métallurgie intensive
lucidité;ludicité
donner consistance au chaos
sans rien perdre de l'infini dans lequel la pensée plonge
dans ces phantômes pré-individuels
ma faim qui d'aucun fruits ici ne se régale
trouve en leur docte manque une saveur égale
devenir armé pour une polémologie de la hantise
par et dans une organologie pluriverselle
comment se dé-couvre par trans-formation
la clâmeur par ex-clamation de notre prothéticité
à la pointe de notre ignorance
palabres du poisson-volant
pour s'aimer-veiller
en z mineurs

 

 

Strates Temporelles

/ / /

http://utime.unblog.fr/

 

 

 

)colo-cast

Ecolocast

* Idées

logofranceculture.jpg Croisements
loading.gifL'homme est-il un animal ?
(avec Alain Prochiantz et Philippe Descola)

” Définir l’homme par rapport à l’animal n’est-ce pas le rêve avoué des philosophes depuis le XVII siècle ? L’enjeu était de taille, puisqu’il en allait de la définition du propre de l’homme autant que de sa destination. Si le biologiste aujourd’hui admet que l’homme est à peu près un animal comme les autres, tant les différences génétiques entre un grand singe et l’homme sont infimes, il accorde néanmoins de l’importance à la discontinuité existante entre l’homme et l’animal. L’anthropologue semble faire le chemin inverse. Face aux progrès de l’éthologie de terrain, il détrône l’homme d’un certain nombre de suprématies. Il met les capacités cognitives des hommes et des animaux en partage. Notamment sur le plan de la technique. Il respecte également les sociétés animistes qui font de l’homme et des animaux des vivants possédant des qualités autonomes. Un dialogue qui brouille les frontières et redistribue les rôles.”

+ Ecouter

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logofranceculture.jpg Le champ des possibles 
loading.gifPourquoi une technologie prend (ou échoue) ? 

” Après presque 10 mois passés à observer les effets de certaines innovations sociales ou technologiques, et la manière dont s’inventent ainsi les mondes de demain, aujourd'hui retour sur l’histoire, pour observer à la fois les composantes de la dynamique de l’innovation technologique, mais aussi ses possibles ratés. L’histoire des techniques est jalonnée de quelques flops retentissants, de plusieurs miracles improbables, de vieilles lunes sans cesse réactivées, d’intuitions matérialisées ou d’idées saugrenues. Mais, quoi qu’il en soit, tout ce qui nous entoure est le produit d’une construction dont les ressorts ne sont pas seulement techniques, mais également sociaux et politiques.Si votre frigo fait du bruit, ce n’est pas parce que c’était la meilleure technologie possible, mais parce que l’entreprise qui a développé cette technique l’a emporté économiquement sur une autre qui proposait un modèle tout aussi performant mais plus silencieux. Mais si l’innovation technologique n’est neutre ni politiquement ni socialement, qu’est-ce qui explique qu’elle prenne ou non ? Quelles sont les conditions de réussite ou d’échec d’une innovation technique ? Que retrouve-t-on dans le cimetière des innovations échouées ? Et que nous apprend l’histoire des révolutions industrielles sur un possible changement de civilisation lié à l’évolution et à la diffusion des technologies contemporaines.
Avec François Caron, historien et Nicolas Chevassus au Louis, biologiste et journaliste. “

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logofranceculture.jpg loading.gifEcosophie - invitations à l'imaginaire

” Un spectre hante le monde : le monde peut être dévasté ! D'où l'émergence d'une nouvelle sensibilité qui, au-delà ou en-deçà d'une écologie strictement politique, s'emploie à penser un nouveau rapport à la « terre mère ». Rapport n'étant plus intrusif, il fait de l'homme le « maître et possesseur de la nature », mais beaucoup plus partenarial. C'est cela que l'on peut nommer « ÉCOSOPHIE » : une sagesse de la maison commune qui ne sera pas sans incidence pratique dans la vie quotidienne et dans l'imaginaire collectif.
Avec Stéphane Hugon, sociologue et président d'Eranos ; Massimo Di Felice, professeur à l'Ecole de Communication et Art de l'Université de São Paulo et Andréi Netto, envoyé spécial du journal « O Estado de São Paulo ».Enregistré le 24 mai 2011.”

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logofranceculture.jpg Les matins loading.gifDémocratie et crise écologique

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* Forêt

logofranceculture.jpgContre-expertise
loading.gifPatrimoine, exploitation, loisirs : que faire de nos forêts ?

logofranceculture.jpg Culture monde
loading.gifPour tout l'or vert du monde : 1/4 petite géohistoire de la forêt

+ Dossier spécial forêt de Télérama 

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* Entre terre et mer

logofranceculture.jpg Les rencontres d'Averroès
loading.gifDe la terre, peut-on la protéger ?
loading.gifDe la mer, est-elle menacée ?

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Interfaces et combinaisons dans des milieux divers (et dit verts)

 illbearriving.jpg

« Les peuples qui habitent les climats froids, les peuples d'Europe sont en général pleins de courage ; mais ils sont certainement inférieurs en intelligence et en industrie ; et s'ils conservent leur liberté, ils sont politiquement indisciplinables, et n'ont jamais pu conquérir leurs voisins. En Asie, au contraire, les peuples ont plus d'intelligence, d'aptitude pour les arts, mais ils manquent de coeur, et ils restent sous le joug d'un esclavage perpétuel (…) »
Aristote, Politique, VII, VI.

« Ce sont les différents besoins dans les différents climats, qui ont formé les différentes manières de vivre ; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois »
Montesquieu, L’Esprit des lois, 3e partie, Livre XIV, chap. X

« L'homme utilise la nature pour ses fins, mais là où elle est trop puissante, elle ne se laisse pas réduire à l'état de moyen. La zone chaude et la zone froide ne sont donc pas le théâtre de l’histoire universelle. Sur ce plan, l'esprit libre a rejeté ces extrêmes. En somme, c'est la zone tempérée qui a servi de théâtre pour le spectac1e de l'histoire universelle. Parmi les zones tempérées, c'est à son tour la zone nordique qui est seule apte à remplir ce rôle (…) »
Hegel, La Raison dans l’histoire., IV- Le fondement géographique de l'histoire universelle.

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Dans son ouvrage - la condition tropicale - et au-delà d'une certaine réactualisation de la théorie des climats qu'il opère (l’influence de la variation de la longueur des jours sur le comportement humain ou photopériodisme), Francis Hallé nous présente les zones tropicales comme des “possibilités de réflexion sans limite”. Des possibilités de réflexion qui ne sont finalement pas autre chose que des possibilités de rencontres avec du non humain, de la différence … qui produit d'autres différences, soit la définition d'une idée pour suivre un Bateson.

Partant du constat que les milieux tropicaux proposent les écosystèmes les plus riches du globe en matière de diversité biologique, le botaniste s'interroge sur les effets qu'entrainent sur l'homme la proximité quotidienne d'avec cette formidable diversité du vivant non-humain. En ressort parfois des combinaisons ou  rencontres positives, que ce soit en termes d'accès à la nourriture ou autres médecines, d'autres beaucoup moins, entre parasitages et empoisonnement.

Cette proposition d'étude de la condition tropicale nous invite à initier une réflexion connexe sur ces mêmes effets de rencontre avec le vivant non-humain dans nos milieux urbains. Effets de rencontre ou plutôt de non rencontre, dans la mesure où ces derniers se caractériseraient par une diversité non-humaine pour le coup réduite à sa plus simple expression. Tout du moins en surface, la rencontre avec le vivant étant essentiellement circonscrite à l'humain, à cet autre semblable.

La diversité aurait-elle alors tendance à trouver refuge dans le non-vivant ? Les formes et couleurs des objets dont on se pare et/ou qu'on habite ? Les puissances des machines avec lesquelles on se combine et fait système ? 

Conséquences. Habitons-nous seuls la foule protectrice de nos semblables, cet entre-nous qui remplirait parfaitement sa fonction première : réduire le risque de la mauvaise rencontre. Mais question. Qu'est-ce que cet entre-nous produit comme espèces d'idées ? 

Si l'on admettait, au titre de proposition, que les rencontres que nous faisons avec le monde extérieur nous affectent de sorte à produire un certain type d'idée, lui-même fonction de la nature des corps rencontrés (choc), alors posons nous la question - dans un milieu de vie donné - de la nature des interfaces de rencontre existantes, des combinaisons que celles-ci rendent possibles avec le vivant non-humain (virus, bactérie, insectes et autres différences qui font des différences) et pour quelles conséquences en termes de mode d'existence et d'écologie des idées ?

Pour le dire autrement, co-évoluer majoritairement avec du vivant - capturer et combiner des fragment de codes viraux dans son ADN par exemple - ou avec des artefacts sur des modalités qui restent à définir - par exemple en termes d'extension du système cognitif au sein des réseaux numériques - quelles espèces d'homme cela produit-il ?

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La terre, elle est organisée comme une machine à tester l'influence des différences écologiques sur l'être humain (…) “

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Chemin faisant, nous avons pris le parti sur ce petit blog de ne plus s'attarder en façade sur les écologies et autres notions floues des uns et des autres, et pour ce faire, de recourir le plus souvent possible à des images montées (:) démontées dont les collages ne s'interprètent pas totalement à l'avance.

Hypothèse de travail : les questions dites écologiques, à bien des égards, demeurent très largement à formuler et à nommer. Alors, au delà des discours utiles trop utiles qui tâtonnent déjà peu, juste pointer dans un jeu des frontières mobiles un nouveau rapport de forces dans l'enfance. Une convergence, une attraction sans nom, une modification du terreau de nos idées, un symptôme qui chercherait à prendre ses formes, et qui dans l'attente, avance le plus souvent masquée derrières le voile de catégories de pensée inappropriées, (à) la traîne de mots pour le dire non encore constitués.

Dans ce contexte, la question de la présence du non-humain dans un espace urbain européen - qu'on pourrait qualifier (à haut risque) de micro-post-hygiéniste en devenir possible - les discours et les actions qui accompagnent cette évolution (mise en place de friches urbaines, de zones de gestion différenciées, etc.), illustrent et soulignent l'enfance de l'art.

Si les fonctionnalités récréatives et esthétiques sont encore les aspects les plus fréquemment débattues au sujet de ces p'tites bêtes qu'on accueille en bas de chez soi, les z'ébats entre administrés et administreurs de la ville s'accompagnent aujourd'hui d'une réflexion sur le lien social. Ou comment des humains, par la médiation des non-humains, se recombinent avec de l'humain pour cohabiter plus joyeusement en milieux urbain.

De ces nouveaux outils de l'urbain dit-vert, l'objectif de l'entre-nous persiste. Mais pouvoir passer de la javel à l'anti-javel, tout en conservant peu ou prou ce même but du mieux vivre ensemble dans l'espace humain urbain, voilà qui est intéressant. Conserver cet objectif de co-existence de l'espèce dans sa modalité citadine, sans recourir pour ce faire à l'eau de javel et à l'enrobé bitumineux, voilà qui demande de penser un changement dans les agencement entre humains et non-humains.

Comment assurer la continuité d'une vie humaine en ville, lorsque celle-ci devient trop pleine de l'humain, de ses vitesses et de ses artefacts ? Situation paradoxale s'il en est, puisqu'il s'agit de faire plus de place au non-humain pour revenir à plus d'humain. Un paradoxe apparent dont la résolution ne se limitera pas à quelques délaissés urbains concédés au bon vouloir végétal, en guise de bons remerciements pour son aimable intermédiation dans la résolution de nos petits conflits quotidiens.

Au-delà des mots masqués de l'écologie urbaine, vouloir cohabiter avec plus de non-humains, d'accord, mais pour produire quoi ? De la bonne humeur ? De l'air pour aider les idées à circuler ? Mais des idées qui se disent à l'avance et programment nos humeurs, ou plutôt de celles qui se produisent à mesure que l'on jardine ? Ah, figure terrible de la terre mère en souffrance qui fait de moi son joyeux sauveur lorsque - tout puissant - j'accorde la vie à ce puceron pour clore aussi vite toute autre discussion.

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  Combinaisons

Notre génome contient des séquences d'origine virale …
(…) Marie-Claude Blatter, bioinformaticienne au SIB,  dit que l'analyse du génome humain a révélé, entre autres, que 8 à 10 % de la séquence est d'origine virale ! … alors que seulement ~1.5 % de la séquence du génome 'code' pour des protéines ! C'est cette surprenante abondance de séquences étrangères qui fait dire de manière provocante au Prof. M. Strubin, chercheur du CMU : “Nous sommes 8% OGM et 1.25% humains” (…) source.
Notre génome contient des séquences d'origine bactérienne …
(…) Marie-Claude Blatter explique que selon la théorie endosymbiotique, (…) une cellule eucaryote primitive (ou une Archaea) aurait intégré un endosymbionte procaryote il y a environ 1,5 à 2 milliards d’années. Les études phylogénétiques indiquent que le plus proche parent de la mitochondrie connu actuellement est Rickettsia prowazekii, une alpha-proteobactérie parasite intracellulaire obligatoire (une cyanobactérie serait à l'origine du chloroplaste). Au cours de l’évolution, la majorité des gènes de l’endosymbionte originel auraient été perdus ou bien transférés vers le noyau de la cellule eucaryote hôte. ” source.

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Point et boucle à la fois. Ces ” possibilités de réflexion sans limite ” dont nous parle Francis Hallé au sujet des tropiques, sans doute en trouverait-on de multiples occasions, ici et là, entre abondance et rareté, de la plante en pot au moustique en passant par un voyage au bureau de poste. Les fruits d'un étonnement au monde qui s'entretient et se nourrit de la diversité des formes de vie, de leurs stratégies de déploiement et des moyens d'expression qui se donnent à voir pour eux-même. Des micro-macro rencontres et des captures pour des combinaisons qui produisent certaines matières et idées, un jour, des mots pour le dire et quelques nouveaux paysages pliés dedans.

Bâtir des ponts plus que des asiles, la possibilité d'un point de départ nécessaire : savoir où, avec qui et quoi je cohabite, tisse des fils et coévolue. Se donner à voir ce qui se donne à voir et faire monter à la conscience le genre d'idées brutes et de connaissances élaborées que la poussée produit.

Dans ce passage du malgré moi (déterminisme géographique) vers le avec moi (nécessité bien comprise), il est bien possible que savoir libère. Et pourquoi pas un certain regard. De ceux qui nous permette de participer plus activement à cette danse qui se fait de(dans) l'étoffe des choses. Mais pour cela, encore faut-il avoir la possibilité de rencontrer ces vitesses et ses lenteurs autres, choix politique actuel entre gris et vert s'il en est.

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DELEUZE / SPINOZA - Cours Vincennes - 24/01/1978
« Lorsque je fais une rencontre telle que le rapport du corps qui me modifie, qui agit sur moi, se combine avec mon propre rapport, avec le rapport caractéristique de mon propre corps, qu’est-ce qui se passe? Je dirais que ma puissance d’agir est augmentée; elle est au moins augmentée sous ce rapport-là. »
« Lorsque, au contraire, je fais une rencontre telle que le rapport caractéristique du corps qui me modifie compromet ou détruit un de mes rapports, ou mon rapport caractéristique, je dirais que ma puissance d’agir est diminuée, ou même détruite. Nous retrouvons là nos deux affects – affectus –, fondamentaux: la tristesse et la joie. »
« Lorsque je suis empoisonné, mon pouvoir d’être affecté est absolument rempli, mais il est rempli de telle manière que ma puissance d’agir tend vers zéro, c’est-à-dire qu’elle est inhibée. Inversement, lorsque j’éprouve de la joie, c’est à dire lorsque je rencontre un corps qui compose son rapport avec le mien, mon pouvoir d’être affecté est rempli également et ma puissance d’agir augmente. »

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Il est difficile de vivre avec des humains, parce qu'il est difficile de se taire. “ Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra

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- Quelle place pour les espaces publics dans la ville de demain ? La Fabrique de la cité - synthèse.

- Ville désirable ou ville durable : quelle place pour les espaces verts ? Métro politiques.eu - Jean-François Guet (14/09/2011)

- Ptite Poucette, la génération mutante. Libération du 03/09/2011 - Michel Serres

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Essai(µ)rbaiN

Sources audio d'après : Sur les épaules de Darwin du 18/06/2011 “Transmettre en dansant, enseigner en courant, décider en votant” (Jean-Claude Ameisen - France Inter) et Les matins de France Culture du 20/07/2011 : en compagnie d'Olivier Mongin.
Source vidéo : Danse des cadences - les7sages.fr
Promenade urbaine avec l'écrivain et phénoménologue Pierre Sansot, conté par Benoît Chantre. Source audio : Métropolitains, France Culture par François Chaslin, émission du 01/10/2008. 

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+ A propos du vide avec Paul Virilio, les Jeudis de l'architecture du 02.06.2011 par François Chaslin.

+ Vers une informatique contemplative ?
” Avant toute chose il faut redéfinir notre esprit de manière adéquate. Nous ne sommes pas limités à notre corps, nous avons des cerveaux élargis : nous sommes profondément couplés au monde extérieur via nos sens, les objets de notre environnement, les systèmes technologiques que nous utilisons, etc. Ce modèle du cerveau étendu est utile parce qu’il nous permet de mieux comprendre notre relation avec la technologie, en dehors du manichéisme propre à ce genre de discussion. Comme le dit le philosophe Andy Clarke “nous sommes des cybergénies naturels”, autrement dit nous cherchons constamment à étendre nos capacités mentales.” (voir doc).

Remettre les non-humains au cœur de la politique

@les7sages.fr

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 “Tout sujet tisse ses relations comme autant de fils d'araignée
avec certaines caractéristiques des choses et les entrelace
pour en faire un réseau qui porte son existence.”
Jakob von Uexküll in Mondes animaux et monde humain

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EcoRev' N°34 - Urgence écologique, urgence démocratique

Remettre les non-humains au cœur de la politique
Propos recueillis par Isabelle Lamaud Mardi 23 mars 2010, par Bruno Latour.
La question écologique interroge et transforme l’espace des pratiques démocratiques. Bruno Latour, sociologue de la science et des techniques, revient ici sur le caractère cosmopolitique de toute politique. Décloisonnant nature et société, science et politique, il montre en quoi l’écologie politique rénove la représentation du monde commun à composer.

EcoRev’ – Dans votre ouvrage Politiques de la nature, vous critiquez une forme d’écologie politique qui consisterait simplement à inclure dans le débat démocratique les questions sur la nature. En quoi vos propositions se démarquent-elles de ce projet ?

Bruno Latour - Je ne crois pas en effet que l’on avance beaucoup en liant l’écologie politique avec la nature. Cela dépend d’abord de ce qu’on entend par “nature” [Ecouter Bruno Latour on Nature @ MIT]. Est-ce la réalité extérieure de toutes les choses qui nous entourent ? Est-ce que vous voulez désigner par nature ce qui est le pendant de culture, de société, etc. ? Est-ce la nature unifiée par ce qu’on appelle “les lois de la nature” ? Est-ce la nature comme campagne et sauvagerie par rapport à la ville ou à la civilisation ? Mon argument est, tout simplement, que nature et politique ne vont pas bien ensemble et que, par conséquent, la dernière des choses à faire, si l’on veut faire de la politique écologique, c’est de vouloir “sauver” ou même “défendre” la nature. La nature est indéfendable !
L’écologie politique s’est pensée à partir de questions nouvelles, dont beaucoup, c’est vrai, provenaient de l’ancien cadre naturel, mais c’est d’abord un renouveau et de la politique et de l’écologie : l’ensemble des êtres auxquels nous tenons, dans lesquels nous sommes mêlés, avec lesquels nous avons une histoire commune.
Quand l’écologie politique arrive, la nature s’en va. D’ailleurs historiquement, c’est quand la nature conçue comme cadre extérieur a commencé à manquer, que l’écologie est devenue de plus en plus visible au sens commun. C’est-à-dire qu’on ne peut plus considérer une vie politique des humains d’un côté et de l’autre, à l’extérieur, une nature qui servirait de cadre – ou de décharge. L’écologie politique c’est la rénovation des ingrédients, des sujets, des passions, des objets, des cadres mêmes de la politique, de la vie commune, de ce que j’appelle pour cette raison la composition du monde commun.
La notion de nature est soit trop occidentale, soit trop confuse, soit une unification trop rapide des êtres pour pouvoir servir en quoi que ce soit de référent à la politique. Vous n’allez jamais pouvoir dire “la nature veut ceci ou cela” et entrainer aussitôt l’adhésion ou la décision des humains. Non, vous entrez dans un espace forcément controversé – on le voit bien avec le climat – et donc en politique. L’idée que l’appel à la nature va simplifier ou réorienter la politique, n’a donc pas grand sens.

Pourquoi l’entrée des non-humains en politique serait-elle nécessaire, et comment peut-elle se faire ? Et d’abord qu’est-ce que vous appelez non-humains ?

Le mot n’est pas formidable. Il est trop négatif. Je cherchais juste une alternative au couple calamiteux : objet/sujet. Humains/ non-humains, cela fait comme une sorte de chaîne qui oblige à redéfinir ce qui forme les humains et ceux dont ils dépendent pour exister. Parler de chaînes d’humains et de non-humains, c’est une manière d’éviter de parler de nature d’un côté et de société de l’autre, parce que ni d’un côté ni de l’autre on ne sait exactement de quoi elles se composent. C’est un concept pour ré-ouvrir la question de nos liens et de nos attachements, alors que dans l’ancienne division sujet/objet on est toujours dans un rapport d’émancipation : plus on est sujet, moins on est objet et vice versa. Avec la chaine humains/non- humains, on ne sait pas. Peut-être que, sans les non-humains, nous ne serions pas du tout des humains.
Ce qu’on appelle les crises écologiques, c’est la soudaine réalisation de ces incertitudes de plus en plus nombreuses. On s’aperçoit brusquement que l’on ne sait plus de quoi l’on dépend. Que la définition même de nos biens et de nos maux est en question. C’est ce que Peter Sloterdijk appelle l’explicitation. Nous explicitons ce dont, avant, nous ne savions pas que nous dépendions.
Pour revenir à la première question, je crois qu’il faut la renverser : par quelle étrangeté de l’histoire a-t-on pu penser que la politique, c’était une affaire d’humains entre eux ? Alors que de tous temps et dans tous les peuples on a toujours eu affaire simultanément aux humains et aux non-humains et que la politique a toujours été aussi une définition du cosmos. Le maire du moindre village, c’est toujours d’eau, de terre, d’air, de bâtiments, d’animaux, de virus, de transports, de “calamités naturelles” qu’il doit s’occuper, en même temps que des misères, des passions et des calamités de ses administrés. Pendant une brève période, celle que j’appelle la “parenthèse moderniste”, on a pu croire en effet que la théorie politique, la représentation, l’élection, la prise de parole, etc. tout cela était réservé aux seuls humains entre eux. Mais en même temps, dès qu’on regarde le contenu de ce dont parlent les humains assemblés, cela a toujours été le monde dans toute sa diversité, sa complexité, son hétérogénéité. Autrement dit, la politique a toujours été une cosmopolitique [Regarder May nature be recomposed? A few issues in cosmopolitics], une certaine façon de concevoir les liens entre les humains et les non-humains. Il se trouve seulement que les sciences politiques ont largement ignoré ce point et se sont concentrées sur les “représentations” que les humains se faisaient des questions “de nature”. Du coup elles se sont beaucoup préoccupées de la façon dont on pouvait avoir des gouvernements “représentatifs” mais pas du tout des procédures par lesquelles on allait pouvoir représenter, c’est-à-dire rendre présents, les objets de dispute, le contenu des affaires pour lesquelles les humains se sont assemblés. Or les deux sens du mot “représentation” doivent être liés : est-ce que ceux qui sont assemblés sont représentatifs, oui, d’accord, mais aussi, est-ce que ce qu’ils disent offre une bonne représentation du monde commun à composer ?
C’est ce que j’avais proposé d’appeler, il y a vingt ans, le parlement des choses [Regarder From Object to Things: How to Represent the Parliament of Nature?], et qui est maintenant devenu une évidence, surtout après Kyoto et maintenant Copenhague : tout le monde maintenant comprend que les non-humains sont depuis longtemps entrés en politique par le truchement de leurs innombrables porte-parole qui s’assemblent autour des choses, c’est-à-dire des sujets de dispute, des affaires, de ce que les Anglais appellent des issues. Par conséquent, les non-humains ont toujours été au cœur de la politique ; on avait simplement cru pouvoir diviser les choses en disant : aux politiques les humains et leurs opinions ; aux scientifiques les non-humains et leurs propriétés. Mais aujourd’hui on redevient comme on était avant. On pourrait reprendre ce cliché en le modifiant : “nos ancêtres les Gaulois n’avaient peur de rien sinon que le ciel leur tombe sur la tête ; la multitude qui s’assemble à Copenhague a peur de tout, y compris que le ciel – le climat – lui tombe sur la tête”. On est redevenu normal. Politics as usual.

Vous attribuez un rôle de porte-parole des non-humains aux scientifiques. A quelles conditions cela peut-il s’effectuer sans reproduire la séparation entre savants et profanes ?

D’abord il faut bien comprendre cette idée de porte-parole : cela veut dire qu’il n’y a jamais de rapport simple et direct, mimétique entre celui qui parle et ce dont il parle. Les humains parlent, certes, mais en politique classique, ils parlent par l’intermédiaire de porte-paroles, leurs représentants, directs ou indirects, peu importe. Bon, les scientifiques, eux, parlent aussi pour les choses qu’ils sont chargés de représenter dans ces nombreux quasi-parlements qui se sont créés autour de tous les sujets de controverses – le climat, les antennes relais, les éoliennes, le thon rouge, le H1N1, les exemples ne manquent pas.
Quel est leur rôle ? Autrefois, du temps de la parenthèse moderniste, on aurait dit : qu’ils nous donnent les faits, la nature des faits, et nous, politiques, moralistes, gens du peuple, militants, etc. nous nous occuperons de décider des valeurs [Regarder Fabrication et destruction comparées des images : art, science, religion]. Mais personne n’a jamais cru que quand les chercheurs disent “les faits parlent par eux-mêmes” ce soit littéralement vrai. Les faits parlent par leur intermédiaire. Ce qui explique que les scientifiques soient souvent divisés et, quand ils ne le sont pas, que leur autorité ne soit plus suffisante pour entrainer l’accord sur le monde commun.
D’autre part, comme vous le suggérez, d’innombrables “représentants” se sont fait voir, en s’autoproclamant souvent représentants des mêmes éoliennes, du même thon rouge, du même climat, ou des mêmes antennes relais. Les pêcheurs de thon, eux aussi, vont se mettre à critiquer les quotas définis par les statisticiens chargés de surveiller l’évolution de la ressource. Il est beaucoup plus difficile qu’avant d’avoir d’abord des faits indiscutables, et ensuite une discussion. Donc on ne peut plus distinguer les politiques – autorisés à représenter les humains –, les scientifiques – qui définissent les faits indiscutables –, les militants et les gens du commun qui eux devraient attendre, pour savoir et se décider, ce que disent les deux premiers groupes. On est dans des parlements et c’est un peu la foire puisque tous les porte-parole disent ce que diraient les choses dont ils parlent si elles pouvaient parler !
Il faut donc repenser totalement la fonction politique, le rôle même des parlements, la notion de porte-parole pour retrouver des règles d’autorité, de procédure, de débats par lesquelles nous pouvons décider, en fin de compte, dans quel monde commun nous voulons vivre. Le cas du H1N1 est assez typique du genre d’imbroglios dans lesquels on se trouve. La répartition de l’autorité est complètement différente. Là non plus on ne peut pas s’abriter derrière la nature pour obtenir des décisions indiscutables. Il faut parvenir à clore les controverses tout en acceptant cette multiplication des arènes et des porte-paroles. C’est un peu angoissant pour les chercheurs souvent, mais, en même temps, cela les met dans une situation plus réaliste que celle d’avoir seulement à définir les faits indiscutables.
On est dans des parlements. La décision arrive à la fin, pas au début. Et même après, la discussion continue. Mais on a décidé. On voit bien la difficulté de concilier l’ancien et le nouveau modèle dans la querelle sur l’origine anthropique du climat. C’est normal d’avoir une opposition qui continue à discuter, mais on doit pouvoir se tenir à la décision prise sur le lien de causalité et on doit pouvoir prendre des mesures en fonction de ces prémisses décidés en commun selon une procédure légitime. C’est là où les notions de porte-parole et de parlement sont tellement utiles : pour nous permettre d’entrer à nouveau dans la politique [Regarder Making Things Public: Atmospheres of Democracy].

Les associations écologistes peuvent-elles représenter des lieux pertinents afin de porter les intérêts d’entités qui ne sont pas représentées dans les systèmes politiques actuels (non-humains, générations futures) ?

Bien sûr, puisque c’est souvent à elles que l’on doit d’entendre les voix de ceux qu’on aurait oubliés, qu’ils soient humains ou non-humains. Par définition, tout système représentatif est mauvais dans la mesure où il représente mal des milliers d’affaires, de soucis. Il faut donc toujours passer par des porte-paroles, souvent autoproclamés, qui vont se mettre à faire parler les oubliés, les rejetés, les exclus, qu’il s’agisse du thon rouge en voie de disparition, ou des prisonniers entassés dans leurs cellules, ou des symptômes étranges de ceux qui croient subir les effets des éoliennes ou des antennes-relais.
Sans militants, pas de démocratie. Mais cela ne veut pas dire que le reste du public doit forcément les croire. Le public – ou plutôt les publics, comme dit Walter Lippmann – est toujours un fantôme, c’est-à-dire qu’il faut le faire exister sur chaque nouveau sujet d’une façon nouvelle. Et son travail, c’est d’apprendre à détecter dans cette foire parlementaire, ceux – militants, scientifiques, officiels, politiques, administrateurs, lobbyistes – qui sont plus ou moins partisans.
C’est la grande affaire de la démocratie : représenter les absents, les morts, les futurs, les exclus, les petits ; et ce travail, il faut toujours le reprendre et recommencer.

S’agit-il de développer le caractère délibératif des démocraties ? Que peut apporter de plus ce type de démocratie par rapport au système représentatif, voire à des systèmes politiques autoritaires ?

Les systèmes autoritaires se préoccupent aussi peu des humains que des non-humains. La crainte d’un autoritarisme fondé sur l’écologie n’est agitée que par ceux qui, justement, font appel à la Science, avec un grand S, pour protéger leurs propres positions politiques de toute critique. C’est l’ancien cauchemar d’une politique fondée sur une science, le matérialisme historique, le néolibéralisme ou aujourd’hui l’écologie. Le danger serait réel si les écologistes étaient liés à la Nature avec un grand N et qu’ils disaient : “la Nature m’a parlé directement, elle veut ceci, donc faites-le”. Là, on aurait un fondamentalisme écologique égal et pire que le fanatisme religieux qui dit parler sans interprétation au nom de Dieu.
Mais la scène des controverses écologiques, c’est ce qui est si réconfortant, montre exactement le contraire : c’est une extension formidable du “système délibératif”, ce qui donne souvent le tournis, je le reconnais. C’est cet espace des controverses [Regarder Organizing Uncertainties: the mapping controversies project] qu’il va nous falloir habiter et qui présente pour la démocratie une chance de renouveau extraordinaire. A condition d’apprendre à inventer les procédures, les instruments qui permettent de s’y orienter et de retrouver, en fin de compte, un principe d’autorité qui soit légitime [Regarder Mapping scientific and technical controversies] .

[Devenir-pluri-cellule-èrE]

Photo-synthèse @les7sages.fr

Evolution, intégration et organisation. De l’algue bleue à la multinationale… quelques résonances et analogies, sur quoi se branche-t-on ? Version, versant - La grandeur de l’homme, c’est qu’il est un pont et non une fin - Friedrich Nietzsche in Ainsi parlait Zarathoustra

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Pluri

Source : la plus belle histoire des plantes - Jean-Marie Pelt,

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